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Sommeil du bébé & de l'enfant

Le sommeil de votre bébé entre 6 et 18 mois

Entre 6 et 18 mois, le sommeil de votre bébé change beaucoup et rarement en ligne droite. Des semaines calmes succèdent à des semaines où plus rien ne tient. Il se remet à réclamer la nuit alors qu'il avait espacé. Le coucher s'allonge. Une sieste saute.

Plusieurs choses évoluent en même temps sur cette période : ses besoins alimentaires, ses besoins de sommeil, ses capacités motrices, sa façon de vivre votre absence, parfois l'entrée en collectivité. Chacune peut suffire à bousculer ses nuits. Le plus souvent, elles se combinent.

C'est ce qui rend la période déroutante : prise isolément, aucune explication ne suffit à rendre compte de ce que vous vivez. C'est l'ensemble qu'il faut regarder — et c'est aussi l'ensemble qu'il convient d'ajuster.

Ce qui change, facteur par facteur

L'alimentation

L'estomac grandit et la digestion se perfectionne. Votre bébé devient peu à peu capable de combler tous ses besoins alimentaires en journée, ce qui lui permet des nuits plus continues.

La diversification, elle, ne fait pas dormir. Elle vient compléter les apports en lait lorsque celui-ci ne suffit plus seul à couvrir les calories dont votre bébé a besoin. Jusqu'à un an, le lait — maternel ou infantile — reste son aliment principal.

Après 6 mois, beaucoup de bébés peuvent progressivement se passer de manger la nuit. Cela ne veut pas dire qu'ils devraient tous le faire, ni au même moment : tous ne suivent pas le même calendrier. Les bébés allaités ont souvent besoin d'une tétée nocturne jusque dix voire douze mois — chez eux, un à deux réveils pour manger suffisent généralement à couvrir ce besoin.

Reste à savoir où en est le vôtre. Ce qui relève encore de la faim et ce qui relève de l'habitude ne se distingue pas facilement au milieu de la nuit.

Ses besoins de sommeil, qui diminuent

Au cours de cette période, le nombre de siestes diminue par paliers. Votre enfant en abandonne une, puis une autre, jusqu'à n'en garder qu'une seule dans l'après-midi. Ces bascules ne se font pas du jour au lendemain : beaucoup d'enfants alternent pendant plusieurs semaines entre l'ancien rythme et le nouveau avant que celui-ci s'installe vraiment.

Ce sont précisément ces moments de bascule qui se paient sur les nuits. Une sieste abandonnée trop tôt et votre enfant arrive épuisé au coucher ; une sieste gardée trop longtemps et il n'est pas assez fatigué le soir. Les deux donnent le même symptôme — des nuits agitées — alors que l'ajustement à faire n'est pas le même, parfois même l'opposé.

Il arrive aussi que votre enfant refuse une sieste dont il a pourtant encore besoin, simplement parce qu'explorer l'intéresse davantage que dormir. La journée s'en trouve déséquilibrée et cela peut se répercuter sur la qualité des nuits.

Forcer une sieste n'est ni toujours possible ni toujours souhaitable. L'enjeu est ailleurs : trouver l'équilibre et faire en sorte qu'un refus passager ne devienne pas une habitude installée.

L'enjeu est de remettre régulièrement en question le rythme de sommeil de votre enfant, pour retrouver un équilibre adapté à ce dont il a besoin aujourd'hui.

Ses nouvelles capacités

Se retourner, ramper, s'asseoir, se mettre debout, marcher : chacune de ces étapes mobilise énormément son cerveau. Il s'entraîne, y compris la nuit, y compris quand il devrait dormir. Ces acquisitions peuvent expliquer certains refus de sieste et des couchers qui s'allongent.

Ce que vous voyez : il se met à quatre pattes dans son lit, se relève, se met debout, s'agrippe aux barreaux — parfaitement réveillé.

Ces phases passent d'elles-mêmes. Ce qui reste parfois, ce sont les habitudes prises pendant qu'elles duraient.

Les poussées dentaires

Gencives sensibles, douleur, parfois un peu de fièvre : l'inconfort complique l'endormissement et fragilise la continuité de la nuit. Ces épisodes sont courts et passent d'eux-mêmes.

La difficulté est ailleurs : lorsque les nuits restent mauvaises longtemps après, ce ne sont plus les dents.

Sa façon de vivre votre absence

Au cours de cette période, votre enfant comprend que ses parents peuvent s'absenter. Il réclame alors beaucoup plus votre présence. Le coucher — qui est une séparation — devient le moment où cela se manifeste le plus. Les réveils de nuit servent souvent à vérifier que vous êtes toujours là.

Il arrive aussi qu'un enfant se remette à manger la nuit à ce moment-là : le repas est un moment de proximité autant qu'un apport.

C'est une période et elle passe. Lorsqu'elle se prolonge bien au-delà, c'est le plus souvent qu'elle s'est installée dans de nouvelles habitudes de nuit.

Y répondre demande de le rassurer sans ancrer ce qu'il faudra ensuite défaire. L'équilibre est étroit et il se trouve rarement du premier coup.

L'entrée en crèche ou chez l'accueillante

Ce que vous vivez : depuis la rentrée, les nuits se sont dégradées. Il dort mal alors que rien n'a changé à la maison.

Ce n'est pas seulement une séparation, même si c'en est une. C'est aussi une journée entièrement réorganisée — d'autres heures de sieste, d'autres conditions pour s'endormir, beaucoup plus de stimulation et une fatigue qui ne s'accumule plus de la même façon. Le sommeil de la nuit encaisse tout cela en même temps.

Il arrive aussi que votre bébé boive moins de lait sur la journée, en particulier s'il est allaité et pas encore complètement diversifié. Ce qu'il ne prend pas le jour, il vient souvent le chercher la nuit.

Attendre que cela se tasse suffit parfois. Quand ce n'est pas le cas, c'est du côté des journées que l'équilibre se retrouve — celles de la maison comme celles du milieu d'accueil.

Quand rien de tout cela n'explique les réveils

Il arrive que rien ne colle : pas de dents, pas de nouvelle acquisition, pas de séparation récente — et pourtant les nuits sont hachées depuis des semaines. Dans ce cas, ce n'est pas dans la nuit qu'il faut chercher.

Chez un enfant de cet âge, la qualité des nuits dépend beaucoup de la façon dont sa journée s'est déroulée : son rythme de sommeil, son rythme alimentaire et l'environnement dans lequel il dort. Ces repères évoluent plusieurs fois entre 6 et 18 mois — c'est d'ailleurs pourquoi ce qui marchait très bien il y a deux mois peut cesser de fonctionner.

Un rythme légèrement décalé ne se voit pas dans la journée. Il se voit la nuit : coucher qui s'allonge, réveils qui se répètent à heure fixe, réveil trop matinal.

Il n'existe pas de valeur universelle à appliquer. C'est ce que nous regardons ensemble, à partir de votre enfant et de votre organisation.

Quand se faire accompagner

Beaucoup de ces situations sont fréquentes. Fréquent ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire ni qu'il faille attendre. Certaines phases passent effectivement d'elles-mêmes en quelques semaines. D'autres s'installent. Lorsqu'une difficulté dure depuis plusieurs mois, elle se dénoue rarement toute seule.

Beaucoup de parents arrivent en ayant le sentiment d'avoir tout essayé sans que rien ne fonctionne. Deux raisons reviennent souvent. Soit ce qui a été tenté ne correspondait pas aux besoins de votre enfant, parce que ceux-ci n'avaient pas encore été bien compris. Soit les choses ont été travaillées une par une, alors que c'est un ensemble qu'il faut ajuster, étape par étape.

C'est là que je peux vous aider — non pas parce que vous auriez mal fait quelque chose mais parce qu'un regard extérieur repère souvent ce qui bloque, là où vous n'avez plus le recul pour le voir.

Il est parfois difficile, pour des parents épuisés, de savoir quand la situation dépasse la simple phase de développement. Voici quelques situations où un accompagnement est utile :

  • Les siestes sont compliquées.
  • Les couchers sont longs et difficiles.
  • Il s'endort au sein, au biberon, dans les bras… et vous souhaitez que cela change.
  • Votre enfant se réveille plusieurs fois la nuit, a besoin de votre intervention pour se rendormir et vous souhaitez que cela change.
  • Votre enfant a de longues phases d'éveil en pleine nuit.
  • Il finit régulièrement la nuit dans le lit parental parce que les réveils sont trop fréquents.
  • Le cododo devient difficile à gérer et vous ne savez pas comment amorcer une transition en douceur.
  • Il se réveille très tôt le matin, de façon récurrente.

Cette liste ne fait pas le tour de tout. Si ce que vous vivez n'y figure pas mais pèse sur votre famille, sur votre couple ou sur vos journées, c'est déjà une raison suffisante — peu importe depuis combien de temps cela dure.

Je n'applique pas la même méthode à tous les enfants. Nous partons du vôtre — de son âge, de son rythme, de votre organisation et de ce que vous vous sentez capables de tenir.

Vous cherchez ce qui se passe à un âge précis ? J'ai détaillé les grandes périodes de régression du sommeil dans un article dédié.

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