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Sommeil du bébé & de l'enfant

Le sommeil de votre enfant entre 18 mois et 3 ans

Entre 18 mois et 3 ans, beaucoup de parents s'attendent enfin à des nuits tranquilles. C'est souvent le moment où le coucher se met à durer une heure. Votre enfant réclame de l'eau, la lumière, un dernier câlin. Il vous rappelle dès que vous quittez la chambre.

Les nuits se compliquent souvent dans la foulée : lorsque votre présence devient nécessaire pour s'endormir, elle le redevient à chaque réveil. Votre enfant se remet à vous appeler la nuit, parfois après des mois de nuits complètes.

Plusieurs choses évoluent en même temps à cet âge : ses besoins de sommeil qui évoluent encore, son imagination qui se développe et les peurs qui apparaissent avec elle, son besoin de vous près de lui, le besoin de s'affirmer qui s'installe vers deux ans, parfois un changement récent dans sa vie — un nouveau lit, une école, un petit frère. Chacune peut suffire à bousculer ses nuits. Le plus souvent, elles se combinent.

C'est ce qui rend cette période déroutante. Prise seule, aucune de ces explications ne rend compte de ce que vous vivez le soir. C'est l'ensemble qu'il faut regarder et c'est l'ensemble qu'il faut ajuster.

Ce qui change, facteur par facteur

Ses besoins de sommeil, qui continuent d'évoluer

Jusqu'à trois ans au minimum, votre enfant a encore besoin d'une sieste. Ce qui évolue, ce sont ses besoins de sommeil, la durée de la sieste, l'heure du coucher et la façon dont son sommeil se répartit entre le jour et la nuit.

Il arrive qu'il se mette à refuser cette sieste alors qu'il en a toujours besoin, simplement parce qu'explorer, jouer et parler l'intéresse davantage que dormir. Le refus n'est pas le signe qu'il faut l'arrêter.

Supprimée trop tôt, votre enfant arrive épuisé au coucher. Trop longue ou finie trop tard, il n'est pas assez fatigué le soir. Les deux donnent la même soirée difficile alors que l'ajustement à faire n'est pas le même, parfois même l'opposé.

Il faut parfois revoir l'organisation de la fin de journée pour ajuster la pression de sommeil du soir : assez de fatigue pour s'endormir sans en avoir accumulé trop.

Ce qui transforme les soirées d'une famille ne donne parfois rien dans une autre, même lorsque les difficultés se ressemblent beaucoup. Une même difficulté peut en effet avoir des causes très différentes. Le plus délicat n'est donc pas la difficulté elle-même : c'est d'en comprendre la cause chez votre enfant.

Son besoin de vous près de lui

À cet âge, ce qui revient le plus souvent est le besoin de votre présence. Il ne s'agit plus de comprendre que vous êtes toujours là : votre enfant le sait depuis longtemps. Il s'agit d'un besoin de réassurance, qui va et vient. Il se manifeste parfois à la suite d'une peur. Votre enfant traverse aussi des périodes où il a besoin de beaucoup plus de connexion avec vous, sans que rien d'autre n'ait changé.

Le coucher est une séparation. C'est le moment de la journée où ce besoin se manifeste le plus. Les réveils de nuit en sont souvent le prolongement.

Beaucoup de familles traversent une période de ce type. Lorsqu'elle se prolonge, c'est le plus souvent que la façon d'y avoir répondu s'est installée dans de nouvelles habitudes de nuit. Cela n'a rien d'une faute : sur le moment, on fait ce qui permet à tout le monde de dormir.

Répondre à ce besoin sans installer une habitude dont il faudra ensuite sortir demande un équilibre qui n'est pas facile à trouver. Lorsque l'habitude est déjà installée, elle se retravaille — en douceur et progressivement, pour aider votre enfant à retrouver confiance dans son sommeil.

Son besoin de s'affirmer, vers deux ans

Vers deux ans, votre enfant découvre qu'il peut décider. Il teste, refuse, négocie. C'est une étape de son développement et non de la provocation.

Le coucher est un des moments où ce besoin s'exprime le plus : besoin d'autonomie, besoin de s'affirmer, besoin de se confronter aux limites. Cela donne souvent des endormissements à rallonge, avec beaucoup de rappels.

Ce que vous observez : il sort du lit, rappelle, réclame, négocie. Le rituel s'allonge et la soirée y passe.

Le rituel du soir peut y être pour quelque chose. Le cadre aussi : votre enfant a besoin de s'y confronter pour s'affirmer. Savoir lequel des deux fait durer vos soirées demande de regarder toute la journée, pas seulement le moment du coucher.

Son imagination qui se développe et les cauchemars

Votre enfant devient capable de se représenter ce qui n'est pas devant lui. C'est un progrès considérable et c'est aussi ce qui rend le noir habité : il ne voit plus une chambre vide, il imagine ce qui pourrait s'y trouver.

Ce que vous observez : il ne veut plus que vous quittiez la chambre, réclame la lumière, dit qu'il a peur — alors qu'il s'endormait seul jusque-là.

Cette imagination nourrit aussi les cauchemars. Ils surviennent plutôt en deuxième partie de nuit : votre enfant se réveille, il a peur, il vous cherche et il lui arrive de s'en souvenir le lendemain.

La peur est réelle pour lui, même si ce qu'il craint ne l'est pas.

Ce qui l'apaise sur le moment peut aussi entretenir la peur sur la durée. La frontière entre les deux est fine.

Les terreurs nocturnes

Ce que vous observez : il crie, s'agite, le corps raide, les yeux ouverts. Il vous repousse et ne vous reconnaît pas. Le lendemain il n'en garde aucun souvenir.

Ce n'est pas un cauchemar. Votre enfant n'est pas réveillé. L'épisode survient en début de nuit, dans les trois heures qui suivent le coucher, pendant le sommeil le plus profond.

Ce qui les favorise le plus souvent est un manque de sommeil accumulé. C'est donc du côté de l'organisation de la journée qu'il faut regarder, pas du côté de la nuit.

Encore faut-il repérer où le sommeil manque dans la journée.

Le passage au lit de grand

Ce que vous observez : depuis le changement de lit, il se lève la nuit, vient dans votre chambre ou met beaucoup plus longtemps à s'endormir.

Les barreaux ne servaient pas qu'à la sécurité, ils délimitaient un espace. Sans eux, votre enfant doit apprendre à rester dans un lit qu'il peut quitter : c'est une compétence nouvelle et elle s'apprend.

Le moment du changement compte autant que la manière. Le faire coïncider avec l'arrivée d'un cadet ou une entrée en collectivité ajoute un bouleversement à un autre.

Vérifier que le lit est bien en cause vient avant tout le reste. Lorsque c'est lui, plusieurs ajustements sont possibles — sur la chambre, sur le lit lui-même, sur la façon de mener la transition.

Les changements dans sa vie

L'entrée à l'école ou en collectivité, l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, l'apprentissage de la propreté, un déménagement, une chambre partagée, un retour de vacances. En journée, votre enfant paraît s'adapter. C'est la nuit que le changement se fait sentir.

Ce n'est pas seulement la nouveauté. C'est une journée entièrement réorganisée : d'autres heures de sieste, beaucoup plus de stimulation, une fatigue qui ne s'accumule plus de la même façon.

Le retour de vacances revient souvent. On y dort autrement : chambre partagée, couchers plus tard, siestes en voiture, un parent qui reste jusqu'à l'endormissement. Ces habitudes rentrent à la maison avec vous et ce qui ressemble à une régression est souvent cela.

Il arrive aussi que votre enfant réclame beaucoup plus d'affection à ces moments-là : au retour de l'école ou du milieu d'accueil, depuis l'arrivée du bébé, depuis le déménagement. Ce besoin ne s'arrête pas au coucher. Il se prolonge souvent dans la nuit.

Ce que vous observez : après des mois de nuits complètes, il se réveille à nouveau, souvent à la même heure.

Certaines de ces périodes se referment seules en quelques semaines. D'autres laissent derrière elles des habitudes de nuit qui restent, longtemps après que la nouveauté a été digérée.

Quand vous ne voyez pas ce qui a changé

Il arrive que rien ne colle : pas de changement récent, pas de peur exprimée, pas de sieste bouleversée. Les soirées durent pourtant une heure depuis des semaines.

Chez un enfant de cet âge, la qualité des nuits dépend beaucoup de la façon dont la journée s'est déroulée : la durée de la sieste, le temps écoulé entre la fin de la sieste et le coucher, le temps passé avec vous, l'environnement dans lequel il dort. Ces repères changent plusieurs fois entre 18 mois et 3 ans — c'est d'ailleurs pourquoi ce qui fonctionnait très bien il y a trois mois peut cesser de fonctionner.

Un rythme légèrement décalé ne se remarque pas en journée. Il se remarque le soir : coucher qui s'allonge, rappels qui se répètent, réveils qui reviennent à heure fixe, réveil trop matinal.

Aucun horaire ne vaut pour tous les enfants. C'est précisément ce que nous démêlons ensemble, à partir du vôtre et de votre organisation.

Quand se faire accompagner

Ces situations sont fréquentes à cet âge. Fréquent ne veut surtout pas dire qu'il n'y a rien à faire. Certaines phases se referment effectivement d'elles-mêmes. D'autres s'installent. Lorsqu'une difficulté dure depuis plusieurs mois, elle se dénoue rarement seule.

Beaucoup de parents arrivent en ayant le sentiment d'avoir tout essayé sans que rien ne tienne. Soit les pistes tentées ne correspondaient pas à ce dont leur enfant avait besoin, faute d'avoir bien compris ce besoin. Soit elles ont été menées une par une, là où c'est un ensemble qu'il faut ajuster, étape par étape.

Un regard extérieur repère souvent ce qui bloque, là où vous n'avez plus le recul pour le voir.

Il est parfois difficile, pour des parents épuisés, de savoir quand la situation dépasse la simple étape de développement. Voici quelques situations où un accompagnement est utile :

  • La sieste est devenue un combat quotidien.
  • Le coucher dure très longtemps, avec des rappels à répétition.
  • Il ne s'endort qu'avec vous dans la chambre et vous souhaitez que cela change.
  • Il se réveille la nuit et a besoin de votre présence pour se rendormir.
  • Il finit la plupart des nuits dans votre lit.
  • Il se réveille très tôt le matin, de façon récurrente.
  • Les soirées épuisent toute la famille et il ne reste plus de temps pour rien d'autre.

Cette liste ne fait pas le tour de tout. Ce que vous vivez peut ne pas y figurer et peser malgré tout sur votre famille, sur votre couple ou sur vos journées : c'est déjà une raison suffisante — peu importe depuis combien de temps cela dure.

Je n'applique pas la même méthode à tous les enfants. Nous partons du vôtre — de son âge, de son rythme, de votre organisation et de ce que vous vous sentez capables de tenir.

Vous vous demandez si votre enfant traverse une régression ? J'ai détaillé les grandes périodes dans un article dédié.